Véronique Nageotte

Véronique Nageotte

Antirouille, le magazine dont vous êtes le héros.

Par Pat'Rich

Véronique Nageotte

par Pat'Rich

Antirouille, le magazine dont vous êtes le héros.

Ça marche aussi avec héroïne (je ne suis pas sûr de l’orthographe), mais ça fait bizarre, on dirait un truc illicite. L’hérofille de ce mois­ci s’appelle Véronique Nageotte, réflexologue dans la vie courante, artiste peintre dans une autre vie. Nous, on va se satisfaire du côté artiste, encore que la réflexologie c’est quand même un truc pour se soigner, et même, parfois guérir, sans médicament. Mais on ne va pas se mettre en plus les laboratoires pharmaceutiques à dos...

Lorsque je parle du côté artiste, en fait avec Véronique ce serait plutôt de l’intérieur qu’il s’agit, l’intérieur des côtés, si vous voyez ce que je veux dire. Peintre réflexologue (et oui, j’emmerde les laboratoires pharmaceutiques, ce qui n’engage que moi et pas ce support) c’est peut­ être ça : excusez du rapprochement, mais les pinceaux c’est aussi les jambes, et la réflexologie, c’est agir avec les mains sur les pinceaux pour embellir le corps. De la toile au corps, il n’y a qu’un vêtement, que j’enfile allègrement, d’autant plus qu’il y en a qui peignent avec les pieds. Véronique embellit les deux, avec ses mains, mais aujourd’hui on ne parle que de peinture.



Pourquoi l’intérieur des côtés me direz­vous (vous l’avez pensé très fort) ? Parce que ce que Véronique exprime sur la toile est en ligne directe avec son cerveau, intuitif, irréel, avec pour seul format celui du châssis. Ajoutez l’origine autodidacte de son apprentissage, ce qui lui vaut un style très personnel, et vous obtenez autre chose que du pastel ou de l’aquarelle.

« Je veux faire des choses fortes dans mes peintures, elles sont le reflet de mes états d’âme, bien sûr avec des hauts et des bas ». Elle le fait avec des mariages de couleurs très heureux qui allègent le côté parfois sombre, voire inquiétant, de ses créations ou qui amplifient le ressenti comme sur sa Vierge à l’Enfant. La qualité de la lumière, douce mais indéniable, dans ses toiles offre au spectateur un clair­ obscur qui lui permet de relativiser la violence de certaines et de pénétrer au plus près l’intimité des sujets les plus tendres.

Bon, je suis tout seul dans la cuisine, Véronique a entraîné le photographe reporter d’Antirouille au sous­sol où sont entreposées ses toiles. Depuis sa première expo à l’espace Cambernon, une dizaine d’expositions ont suivi. La prochaine se tiendra au S’pote Antirouille pour la sortie de ce numéro.

« En tant qu’individu, on n’est pas en permanence dans la joie. J’aime le chaos, et je crois qu’on le retrouve un peu dans ma peinture ».